Menu
Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Accidents et responsabilité médicale > Inconvénient de déclarer une maladie professionnelle​ : mieux comprendre !

Inconvénient de déclarer une maladie professionnelle​ : mieux comprendre !

Hier
Quels sont les inconvénients de déclarer une maladie professionnelle ? Explications détaillées avec MAITRE HUMBERT PATRICE, avocat en droit de la santé à Aix en Provence prés de Marseille dans les Bouches du Rhône.​

inconvenient-de-declarer-une-maladie-professionnelle_-mieux-comprendre--.png

Déclarer une maladie professionnelle à la CPAM peut sembler évident quand on pense que le travail a déclenché ou aggravé des problèmes de santé pour le salarié. Pourtant, la démarche de cette reconnaissance pour toucher son indemnité n’est pas toujours simple : elle implique des formalités, des obligations, des délais, des preuves à réunir et parfois des réactions compliquées au sein des entreprises. Avant de se lancer, il est utile pour le travailleur de connaître les principaux inconvénients possibles, afin d’anticiper les difficultés, protéger ses intérêts et choisir la stratégie la plus adaptée à sa situation personnelle et professionnelle sans prendre de risques.

Déclarer une maladie professionnelle : à quoi s’attendre pour le salarié ?

Cette démarche peut être une étape utile pour faire reconnaître le lien entre votre travail et votre état de santé, dans le but d'ouvrir des droits. Mais ce choix n’est pas neutre : il peut entraîner des démarches longues, des tensions au travail et aussi parfois des conséquences indirectes sur votre parcours professionnel. Voici les principaux inconvénients professionnels et personnels (ainsi que les points de vigilance) pour mieux comprendre, sans dramatiser.

Centre médical Istres

Pole médical Marseille

Des démarches administratives parfois lourdes et lentes

La reconnaissance de maladies professionnelles à la CPAM implique un dossier pour le travailleur : certificats médicaux, description des postes, expositions, attestations, parfois questionnaire de la caisse et de l’employeur. Cela peut être fatigant, surtout si vous êtes déjà fragilisé.

Bien que temporaire, le délai peut aussi être long : enquête, échanges de pièces, demandes de compléments… et, dans certains cas, une instruction plus complexe quand la maladie n’est pas “automatiquement” reconnue (exposition difficile à prouver, pathologie hors tableau, etc.). Cette attente peut être stressante et incertaine.

Obtenir son dossier médical

Maladies professionnelles : un risque de contestation ou de refus

Un inconvénient majeur est l’incertitude du résultat. Selon la pathologie, la preuve des expositions, l’historique de poste ou la concordance avec des critères médicaux, la demande peut être contestée ou refusée.

Un refus n’efface pas votre maladie, mais il peut être vécu comme une double peine : vous restez malade et la cause professionnelle n’est pas reconnue. En cas de désaccord, il peut y avoir des recours (donc du temps, de l’énergie et parfois des frais).

Réparation intégrale du préjudice

Un climat de travail qui peut se tendre

Même si c’est un droit, avoir déclaré une maladie professionnelle peut provoquer des tensions relationnelles : incompréhension de certains collègues, crispation du management, peur des conséquences pour l’équipe (réorganisation, contrôles, prévention renforcée).

Certaines personnes redoutent d’être perçues comme “problème”, “fragile”, ou “réclamant”. Ce n’est pas systématique, mais c’est des risques réels, surtout dans des environnements où l'aspect médical au travail est peu pris au sérieux.

Prise en charge de la maladie professionnelle

Une exposition de votre situation personnelle

Constituer un dossier à la CPAM signifie partager des informations sur votre parcours professionnel et indirectement, sur votre cursus médical. Même si les données médicales sont encadrées, vous pouvez avoir le sentiment de devoir “vous justifier” : expliquer ce que vous avez, depuis quand, ce que vous ne pouvez plus faire, quelles expositions vous avez subies.
Cette mise à nu peut être difficile psychologiquement et certaines personnes préfèrent éviter ce type de démarche pour la protection de leur intimité.

Des conséquences indirectes sur la carrière (selon les contextes)

La déclaration d'une maladie professionnelle peut influencer la suite de votre parcours, de façon indirecte. Exemple : aménagement de poste, restrictions médicales, changement d’affectation, reclassement… Tout cela peut être positif (protection), mais peut aussi être vécu comme une mise à l’écart si l’entreprise gère mal la situation.

Dans certains secteurs, certaines entreprises, la crainte est aussi celle d’une “étiquette” : si vous changez d’employeur, vous pouvez redouter que votre historique médical en lien avec votre emploi vous ferme des portes, même si cela ne devrait pas être le cas.

Une charge émotionnelle et un risque d’isolement

La démarche peut réveiller un sentiment d’injustice chez le salarié : “on m’a abîmé au travail”. Remonter le fil des expositions, relire des périodes difficiles, rassembler des preuves… peut être éprouvant.

Il peut aussi y avoir une forme d’isolement, surtout si votre entourage professionnel minimise (“ce n’est pas le travail”, “tout le monde a mal au dos”, etc.). Cette dimension psychologique est un inconvénient souvent sous-estimé.

Le risque de se tromper de stratégie (ou de timing)

Parfois, la déclaration d'une maladie professionnelle n’est pas “le mauvais choix”, mais le bon choix au mauvais moment. Si votre priorité immédiate est de souffler, vous soigner, stabiliser la condition financière ou familiale, la démarche en lien avec ses mesures et ses obligations peut ajouter une pression.

Dans d’autres cas, la difficulté est de ne pas savoir s’il vaut mieux : demander d’abord un aménagement via la médecine du travail, engager une reconnaissance, ou attendre un avis spécialisé. Sans accompagnement, on peut se sentir perdu(e) et faire des démarches dispersées.

Des relations plus complexes avec l’employeur et les assurances

Des déclarations peuvent déclencher une enquête, des échanges formels, parfois une posture défensive de l’entreprise. Même si l’objectif est la prévention et la réparation, la dynamique peut devenir plus juridique.

De plus, certains dossiers (notamment quand il y a beaucoup d’enjeux) peuvent amener à consulter des interlocuteurs multiples : caisse, médecin, employeur, médecine du travail, représentants du personnel, avocat… Cette complexité peut être un inconvénient en soi.

Conclusion sur les maladies professionnelles : un droit utile, mais pas “gratuit” en énergie

Les maladies professionnelles peuvent ouvrir des droits importants et faire évoluer les conditions de travail, mais les inconvénients tournent souvent autour de trois choses : la longueur des démarches, l’incertitude, et l’impact relationnel/professionnel.

Pour limiter ces risques, beaucoup de personnes gagnent à se faire accompagner (médecin, médecine du travail, représentants du personnel, assistant social, associations), à garder des traces (postes, expositions, arrêts, comptes rendus), et à avancer par étapes.

inconvenient-de-declarer-une-maladie-professionnelle_-mieux-comprendre---1-.png

Quelques notions à connaître en lien avec le sujet !

Faute inexcusable de l'employeur

C’est quand l’employeur avait (ou aurait dû avoir) conscience d’un danger et n’a pas pris les mesures nécessaires pour vous protéger. Si elle est reconnue (souvent via le tribunal), elle peut entraîner : majoration de la rente/indemnisation et réparation de préjudices (souffrances, préjudice moral, esthétique, perte de qualité de vie, etc.). C’est une procédure exigeante car il faut démontrer le danger et le manquement.

Indemnités journalières de sécurité sociale

Les IJSS sont les indemnités des sommes versées par la sécurité sociale pendant des arrêts de travail, sous conditions (activité, cotisations, arrêt prescrit, etc.). Le montant dépend notamment du salaire de référence et du type d’arrêts (maladie “classique” vs accident du travail / maladie professionnelle, souvent plus favorable). Il peut y avoir des délais de carence (pas toujours en AT/MP), et de ce fait une coordination avec le maintien de salaire/complément employeur selon votre convention.

Comment se déroule un arrêt maladie

Passage aux visites médicales

Après certains arrêts (notamment longs) ou en cas de difficulté à reprendre, on peut passer par :

- Une visite de pré-reprise (pendant l’arrêt) pour préparer la reprise, envisager aménagements, restrictions, reclassement ;
- Une visite de reprise (au retour) car elle évalue l’aptitude au poste.

En pratique, c’est un moment clé car le médecin du travail peut proposer aménagements, restrictions ou orienter vers une inaptitude si nécessaire.

10 conseils pour réussir son expertise médicale

Procédure inaptitude sans reclassement 

Si le médecin déclare une inaptitude, l’employeur doit en principe chercher à vous reclasser (vers des postes adaptés) avant tout licenciement.

Il peut y avoir “sans reclassement” si :

- Le praticien mentionne explicitement que tout maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable à votre santé, ou que votre état fait obstacle pour être reclassé ;
- Ou si le reclassement est impossible (à justifier).

Attention car c’est un terrain fréquent de litige si l’employeur licencie sans avoir réellement exploré les solutions.

Erreur date de son arrêt maladie 

Une date erronée (début/fin, prolongation, date de prescription) peut bloquer ou retarder les IJSS, le complément employeur ou encore les justificatifs RH.

Les bons réflexes :

- Demander rapidement au médecin un arrêt rectificatif (ou un document corrigé) ;
- Vérifier que la prolongation enchaîne bien avec le ou les arrêts précédents (sinon, risque de rupture de droits) ;
- Prévenir employeur et caisse d'assurance maladie dès que la correction est faite.

Plus c’est corrigé tôt, moins il y a de conséquences financières.

Erreur sur la date d'arrêts maladie

Licenciement suite à un accident de travail 

Le contrat est protégé car les employeurs ne peuvent pas licencier sauf exception inexcusable.

Notamment :

- Faute grave du salarié ;
- Impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger au sinistre (ex : fermeture de l’entreprise, réorganisation majeure non liée à votre condition médicale).

Prévoyance invalidité après licenciement

Formulaire demande d’invalidité par le médecin traitant

inconvenient-de-declarer-une-maladie-professionnelle_-mieux-comprendre---2-.png
Maladie professionnelle et avocat en droit médical - https://www.avocat-lexvox.com/maladie-professionnelle-et-avocat-droit-de-la-sante_ad3455.html

Choisir son avocat en cas de faute médicale - https://medical.lexvox-avocat.fr/comment-choisir-un-avocat-en-cas-de-faute-medicale/

Cette actualité est associée aux catégories suivantes : Accidents et responsabilité médicale

Votre guide gratuit !

Recevez votre guide au format PDF gratuitement par mail

* Champs requis
Besoin de plus d'informations ? N'hésitez pas à nous contacter par mail ou par téléphone, nous répondrons à toutes vos questions !
Me Patrice HUMBERT
Me Cédrine RAYBAUD
04 90 54 58 10

perm_phone_msg Contactez-nous

Newsletter Inscrivez-vous afin de recevoir nos dernières informations directement dans votre boîte mail !