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Accident requin Reunion : quelle indemnisation ?​

Le 12 mars 2026

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Chaque année, de nombreuses personnes choisissent la Réunion comme destination de loisir !

En pratique, après un accident de requin à La Réunion, il n’y a pas d’indemnisation automatique par un fonds public dédié. L’indemnisation dépend surtout de la couverture d’assurance de la victime et, plus rarement, d’une responsabilité prouvée d’un tiers ou d’une autorité publique.

Le premier niveau, c’est la prise en charge des soins. Pour un assuré français en vacances à La Réunion, les soins passent par le régime habituel de l’Assurance maladie/CGSS, mais pas le rapatriement, qui relève en principe d’une assurance privée ou d’une assistance. Le ministère des Affaires étrangères rappelle d’ailleurs qu’un rapatriement après accident grave peut coûter très cher et n’est pas pris en charge par les services consulaires.

Pour le préjudice corporel lui-même, la voie la plus fréquente est une Garantie accidents de la vie (GAV) ou une individuelle accident / assurance voyage. Service-Public indique que les accidents de la vie courante, y compris les accidents survenus dans les activités sportives ou de loisirs, peuvent être couverts par ce type de contrat, y compris à l’étranger pour un séjour court selon les clauses. En revanche, il faut vérifier les exclusions et le seuil d’invalidité : le label GAV prévoit souvent une indemnisation à partir de 30 % d’invalidité ou en cas de décès, même si certains contrats sont plus favorables.

Il peut aussi y avoir un recours contre un prestataire si l’attaque s’est produite pendant une activité encadrée ou organisée et qu’une faute de sécurité peut être démontrée. En matière sportive, la responsabilité civile de l’exploitant/organisateur doit être assurée, ce qui peut ouvrir une indemnisation si un manquement est établi.

Une action contre la commune ou l’État est possible, mais elle est difficile. Le Conseil d’État (CE) a jugé, dans une affaire d’attaque de requin à Saint-Leu, que la responsabilité de l’État n’était pas engagée lorsque le site était déjà signalé comme dangereux et interdit, même sans mention explicite du risque requin.

À l’inverse, le CE avait auparavant imposé au préfet une signalisation adaptée et une information claire, y compris pour les touristes, sur les interdictions et les risques. Autrement dit : s’il y avait interdiction/signalisation claire, les chances d’obtenir réparation contre l’administration baissent fortement ; s’il y avait une carence manifeste d’information ou de police, un recours devient plus crédible.

 

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Donc, une indemnisation est possible, mais elle vient surtout de :

- L’Assurance maladie + mutuelle pour les frais de soins 
- L’assurance assistance/rapatriement 
- La GAV, individuelle accident, assurance voyage ou parfois l’assurance liée à la carte bancaire 
- Un recours en responsabilité contre un organisateur, une commune ou l’État, seulement si une faute est prouvée

Les démarches utiles tout de suite sont de faire établir un certificat médical initial, conserver tous les frais, prendre des photos du lieu et des panneaux, récupérer les témoignages, signaler l’accident, puis déclarer le sinistre à chaque assureur concerné dans les délais du contrat. En cas de blessures graves, il est souvent utile de demander une expertise médicale et une évaluation complète des postes de préjudice.

accident-requin-reunion_-1-.pngÀ La Réunion, on trouve plusieurs espèces de requins. Les documents officiels réunionnais indiquent qu’il existe autour de l’île environ 30 espèces de requins côtiers, mais que, pour le risque lié aux usages de mer, mais il existe deux espèces principalement visées par la prévention :

Celles dont on parle le plus sont surtout :

- Le requin bouledogue (Carcharhinus leucas)

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Particularités des requins bouledogues :

Le requin bouledogue est l’un des requins les plus particuliers car il supporte aussi bien l’eau de mer que l’eau douce. On peut donc trouver le bouledogue près des côtes, dans les estuaires, les rivières et parfois très loin à l’intérieur des terres. Trapus, puissants et opportunistes, les bouledogues chassent des poissons, raies, crustacés, oiseaux et parfois d’autres requins. Ils fréquentent souvent les eaux troubles, où la visibilité est faible. Cette proximité avec les zones côtières augmente les rencontres avec l’humain. Les bouledogues sont considérés parmi les espèces les plus impliquées dans les attaques graves, avec le tigre et le grand blanc.

https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/saint-paul/un-troisieme-requin-bouledogue-preleve-a-saint-paul-en-trois-semaines-1649288.html

- Le requin tigre (Galeocerdo cuvier)

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Particularités des requins tigres :

Le requin tigre doit son nom aux rayures sombres visibles surtout chez les jeunes, qui s’estompent avec l’âge. Grand prédateur tropical, il peut dépasser 4 mètres et possède une tête large, un museau émoussé et des dents très dentelées, capables de couper des proies variées. Opportuniste, il mange poissons, tortues, oiseaux marins, raies, céphalopodes et parfois des déchets. Les tigres fréquentent surtout les eaux chaudes côtières, les passes et les zones récifales. Actif surtout la nuit, curieux et peu sélectif, le requin tigre est considéré comme l’une des espèces les plus impliquées dans les attaques sur l’humain.

https://www.longitude181.org/2024/11/22/requin-tigre-captures-reunion/

Ce sont les deux espèces principalement visées dans les programmes réunionnais de prévention du risque requin, car ce sont elles qui sont considérées comme les plus impliquées dans les attaques autour de l’île.

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Le point de départ est toujours le même : une attaque de requin est en général traitée, pour la victime, comme un accident de la vie privée / de loisirs, sauf si elle s’est produite dans le cadre d’une activité organisée avec faute d’un tiers, ou dans une zone où une carence de signalisation / de police peut être prouvée. La GAV peut couvrir les accidents de sport et de loisirs, mais les contrats varient et peuvent exclure certains sports dangereux. En parallèle, les soins relèvent de l’assurance maladie selon le statut de la victime.

Accident de requins : entre surfeur, zone interdite, touriste métropole et blessés

C’est le cas le plus difficile pour obtenir une grosse indemnisation contre une commune ou l’État.

Si la zone était clairement interdite ou dangereuse, l’argument principal reste votre assurance personnelle :

- Assurance maladie + mutuelle pour les soins 
- GAV / individuelle accident si vous en avez une 
- Assistance/rapatriement selon votre contrat

La jurisprudence administrative sur La Réunion n’est pas favorable quand le risque était déjà signalé : le CE a jugé qu’il n’y avait pas de faute de la commune dans un cas où l’information du public était jugée suffisante, même sans mention explicite du mot “requin”. La cour administrative d’appel a aussi rejeté la responsabilité de l’État et de la commune dans une affaire de surf à Saint-Leu.

CRA archives Nommé à présent le : Centre Sécurité Requin

À qui réclamer quoi ?

D’abord à votre assureur GAV / ccident pour le préjudice corporel, puis à votre caisse/mutuelle pour les soins. Un recours contre la commune n’a d’intérêt que s’il y avait un défaut sérieux d’information, une incohérence des arrêtés ou une absence de balisage/signalisation exploitable en preuve.

Attaques de requins : surfeurs, zone non interdite ou signalisation douteuse, touriste métropole, blessés

Là, le dossier devient plus défendable. Le maire a des obligations de sécurité et d’information sur les lieux de baignade dangereux. Le CE rappelle qu’en présence de risques d’attaques de requins, la commune doit assurer une information adaptée du public.

À qui réclamer quoi ?

Vous pouvez cumuler deux voies :

- Votre assurance personnelle pour être indemnisé vite
- Une réclamation indemnitaire contre la commune, et selon le contexte contre l’État, si vous pouvez démontrer une carence de police, une signalisation insuffisante ou une information inadaptée

Dans ce scénario, il faut conserver : photos des panneaux, arrêté municipal/préfectoral du jour, témoignages, heure exacte, conditions de mer, et tout document montrant que le site paraissait autorisé ou normalement praticable. Cette preuve est souvent décisive en contentieux administratif. L’existence d’un dommage très grave ne suffit pas à elle seule : il faut prouver une faute.

Attaques de requins : baigneur, plage surveillée ou zone officiellement ouverte, blessés

C’est souvent le meilleur cas pour discuter une responsabilité publique, surtout si la plage était présentée comme ouverte/sécurisée ou si la surveillance et l’information étaient défaillantes. Le maire a une obligation d’information sur les dangers des lieux de baignade.

À qui réclamer quoi ?

- Soins : assurance maladie + mutuelle ;
- Préjudice corporel : GAV / individuelle accident ;
- En plus : réclamation contre la commune si la plage était ouverte, surveillée, ou insuffisamment signalée malgré un risque connu.

Ici, la commune est plus exposée qu’en surf “hors cadre” parce que le baigneur peut plus facilement soutenir qu’il s’est fié à l’organisation du lieu.

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Attaques de requins : baigneur, zone interdite, blessé

Ici aussi, la priorité redevient l’assurance personnelle. Le recours contre la commune existe toujours en théorie, mais il sera nettement affaibli si l’interdiction était visible et compréhensible.

À qui réclamer quoi ?

Principalement à votre GAV/assurance accident, à votre assurance santé pour les frais, et à l’assistance pour le transport/rapatriement. Une action contre la commune n’a de sens que si l’interdiction était mal matérialisée, contradictoire, effacée ou inaccessible.

Attaques de requins : surfeurs ou baigneurs pendant une activité encadrée par un club, une école ou un organisateur

Ici, il faut regarder en priorité la responsabilité civile de la structure. En France, l’organisateur d’activités sportives doit être assuré pour couvrir sa responsabilité civile et celle des participants. Les associations/fédérations sportives et organisateurs de manifestations sportives ont aussi une obligation d’assurance responsabilité civile.

À qui réclamer quoi ?

- D’abord à la structure organisatrice et à son assureur RC, si un manquement de sécurité est défendable 
- En parallèle à votre propre GAV/assurance accident 
- Soins via assurance maladie/mutuelle

Exemples de faute utile à rechercher : sortie organisée malgré interdiction, défaut d’information sur le risque local, encadrement insuffisant, non-respect d’un protocole de sécurité.

Attaques de requins et touriste de métropole / résident français

Pour un assuré d’un régime français, les soins à La Réunion relèvent du système français. L’Assurance Maladie peut prendre en charge les frais médicaux, et certains transports sous conditions médicales ; des indemnités journalières peuvent aussi exister en cas d’arrêt de travail.

À qui réclamer quoi ?

- CGSS/Assurance maladie + mutuelle : soins 
- Assurance assistance : transport/rapatriement selon contrat 
- GAV / accident : séquelles, invalidité, préjudice corporel 
- Tiers responsable éventuel : commune, club, organisateur, etc.

Attaque de requins et touriste étranger UE/EEE/Suisse

Pour les visiteurs européens, la logique est surtout celle de la CEAM pour les soins médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire. La CEAM couvre les soins nécessaires qui ne peuvent pas attendre le retour, dans le système public du pays de séjour.

À qui réclamer quoi ?

- D’abord au système de soins via la CEAM pour les soins nécessaires
- Ensuite à leur assurance voyage / accident pour le reste 
- Enfin, comme tout le monde, à un tiers responsable s’il y a une faute prouvée

Attaques de requins et touriste étranger hors UE

Le Cleiss rappelle que les soins en France ne seront pas pris en charge sauf si un accord international ou l’assurance maladie du pays le prévoit ; sinon, le voyageur peut devoir payer des frais importants.

À qui réclamer quoi ?

- Surtout à l’assurance voyage / santé internationale / accident 
- Puis, si une faute est prouvée, au tiers responsable 
- Les soins publics français peuvent être facturés sans couverture automatique.

En cas de blessures graves avec séquelles après un accident avec un requin

C’est là que la GAV est la plus utile. Service-Public indique qu’elle peut indemniser les blessures et leurs conséquences, avec un plafond qui, pour le label GAV, ne peut pas être inférieur à 1 million d’euros par victime. Les conditions exactes dépendent du contrat et de l’expertise.

À réclamer :

Le déficit fonctionnel, les souffrances endurées, l'assistance d’une tierce personne, pertes de revenus, aménagements de vie, selon contrat ou selon droit commun si un responsable est poursuivi. Service-Public résume au moins que les préjudices indemnisables sont ceux prévus par le contrat et liés aux blessures ou à leurs conséquences.

Attaques de requins et cas de décès

En cas de décès, la GAV peut couvrir les préjudices des proches : frais d’obsèques, préjudice d’affection, pertes de revenus. Service-Public précise aussi que l’assureur doit faire une proposition aux ayants droit dans le délai prévu au contrat, avec pour le label GAV un maximum de 5 mois suivant le décès.

À qui réclamer quoi ?

- Aux assureurs de la victime : capital ou indemnité accident/décès selon contrat 
- A la caisse/organismes sociaux pour les prestations sociales éventuelles liées au statut de la personne 
- A un tiers responsable, si faute prouvée, pour le préjudice des ayants droit

Accident avec un requin : en pratique, qui contacter dans l'ordre

- Secu / mutuelle / assurance santé pour les soins
- Assistance / voyage pour le transport, l’accompagnement, le rapatriement si prévu
- GAV / individuelle accident pour le préjudice corporel ou le décès. La déclaration doit être faite dans le délai du contrat, généralement autour de 5 jours ouvrés
- Club / école / organisateur s’il y avait encadrement
- Commune / État seulement si tu peux documenter une faute de signalisation, d’information ou de police

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Attaques de requins : règle simple !

- Zone interdite : surtout assurance perso.
- Zone ouverte / signalisation défaillante : assurance perso + recours possible contre la commune/État.
- Activité encadrée : assurance perso + assureur RC du club/organisateur.
- Touriste étranger : même logique pour la responsabilité, mais la couverture soins dépend de la - - CEAM ou de l’assurance internationale.

Le recours à un avocat en dommage corporel

Victime d’une attaque de requin lors de vos vacances à la Réunion, faites-vous accompagner par un avocat en dommage corporel tel que MAITRE HUMBERT PATRICE à Aix en Provence. Il pourra évaluer vos préjudices, identifier les responsables éventuels, saisir les assurances compétentes et défendre vos droits à indemnisation. En cas de blessures graves, d’invalidité ou de décès d’un proche, une assistance juridique rapide est essentielle pour préserver les preuves, engager les recours utiles et obtenir une réparation intégrale.

La présence de requins à la Réunion

accident-requin-reunion_-10-.pngLe requin est-il un tueur d'homme ?

Non, le requin n’est pas un « tueur d’homme » au sens où il ne chasse pas l’humain comme une proie habituelle. Les attaques restent rares à l’échelle mondiale, même si elles peuvent être graves et marquent fortement les esprits. Le requin est avant tout un prédateur marin essentiel à l’équilibre des écosystèmes.

Les morsures surviennent souvent dans des circonstances particulières : eau trouble, activité de surf, confusion visuelle, présence de poissons ou conditions favorables à la chasse.

Certaines espèces, comme le bouledogue, le tigre ou le grand blanc, sont plus souvent impliquées. Mais l’image du monstre mangeur d’hommes est exagérée. Le vrai danger dépend surtout du lieu, du contexte, du comportement humain et des mesures de prévention disponibles sur place.

Comment se prémunir d'une attaque de requin quand on surfe ?

Pour réduire le risque d’attaque de requin en surf, il faut d’abord respecter strictement les zones autorisées et les consignes locales. Évitez de surfer à l’aube, au crépuscule ou de nuit, moments où certains requins chassent davantage.

Ne vous mettez pas à l’eau lorsque l’eau est trouble, après de fortes pluies, près des embouchures, des ravines, des zones de pêche ou en présence de bancs de poissons. Surfez de préférence accompagné, dans des secteurs surveillés ou protégés quand ils existent.

Évitez les bijoux brillants et les mouvements désordonnés qui peuvent attirer l’attention. Restez attentif aux alertes, drapeaux, arrêtés municipaux et dispositifs de sécurité. Enfin, sortez immédiatement de l’eau au moindre signalement suspect ou changement brutal des conditions.

Est-il dangereux de pratiquer la plongée en cage ?

La plongée en cage n’est pas sans risque, mais elle est généralement considérée comme encadrée et relativement sûre lorsqu’elle est organisée par des professionnels sérieux. La cage constitue une barrière de protection face aux grands requins, surtout lors d’observations de grands blancs ou d’autres espèces puissantes.

Les principaux dangers viennent moins d’une attaque directe que d’un matériel défectueux, d’un mauvais encadrement, d’une mer agitée, d’un stress important ou du non-respect des consignes.

Il faut choisir un opérateur expérimenté, vérifier les normes de sécurité, l’état de la cage, la présence d’un briefing clair et d’une équipe qualifiée. Pour une personne en bonne santé, bien encadrée, cette activité reste impressionnante mais habituellement maîtrisée, pas une pratique inconsidérée ou extrême.

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